Les sultanats du Katsina et du Gobir
Héritiers de deux des plus anciens royaumes haoussa, le Sultanat du Katsina de Maradi et le Sultanat du Gobir de Tibiri sont les gardiens de l'histoire et des traditions de la région.
Le Katsina de Maradi, héritier d’un royaume millénaire
Le Sultanat du Katsina de Maradi est l'héritier du royaume haoussa de Katsina, l'un des sept États haoussa (Hausa bakwai), dont la tradition fait remonter les origines à plusieurs siècles. Katsina fut, avec Kano, l'une des grandes cités marchandes et lettrées du pays haoussa.
L'exil et la fondation de Maradi
Au début du XIXe siècle, le jihad mené par Ousmane dan Fodio renverse les dynasties haoussa. Après la chute de Katsina, une partie de la cour et des populations fidèles à l'ancienne dynastie se replie vers le nord. Les Katsinawa s'établissent dans la vallée du Goulbi et fondent à Maradi un nouvel État, qui résiste pendant tout le XIXe siècle aux tentatives de reconquête, souvent en alliance avec le Gobir.
Un rôle toujours vivant
Aujourd'hui, le Sultan du Katsina de Maradi est une autorité coutumière respectée. Il contribue à la cohésion sociale, à la prévention et au règlement des conflits, à la promotion de la scolarisation et de la santé, et à la préservation des traditions : cavalcades des fêtes de Sallah, cérémonies d'intronisation et culture haoussa.
Le Sultan est désigné par un collège électoral composé de grands dignitaires de la cour : le Galadima, le Yandaka, le Kaoura et le Durbi. Sa Majesté Ahmed Ali Zaki a été élu le 5 novembre 2022, 24e Sultan du Katsina de Maradi.
Le Gobir de Tibiri, peuple de guerriers et de bâtisseurs
Le Gobir est l'un des plus anciens royaumes haoussa. Peuple réputé pour ses guerriers et ses cavaliers, les Gobirawa ont dominé une partie du pays haoussa au XVIIIe siècle, depuis leur capitale d'Alkalawa, aujourd'hui au Nigeria.
De la chute d'Alkalawa à Tibiri
Au début du XIXe siècle, le Gobir est le premier royaume visé par le jihad d'Ousmane dan Fodio ; Alkalawa tombe en 1808. Les souverains du Gobir se replient vers le nord et poursuivent la résistance. En 1836, sous le règne de Mayaki, Tibiri devient la nouvelle capitale du Gobir.
Le Sultanat aujourd'hui
Tibiri, commune du département de Guidan Roumdji, demeure le siège du Sultan du Gobir et un haut lieu de la culture haoussa. Le Sultanat est aussi connu pour le titre de l'Inna, haute dignitaire féminine traditionnellement chargée des affaires des femmes et de certains rites.
Comme le Sultan de Maradi, le Sultan du Gobir accompagne l'action de l'État pour la paix, la cohésion sociale, l'éducation et la santé des populations.
Sa Majesté Abdou Balla Marafa
Sultan du Gobir de Tibiri
- Siège
- Palais du Sultan, Tibiri (Guidan Roumdji)
- Origine
- Royaume haoussa du Gobir ; Tibiri capitale depuis 1836
L'histoire de la région en quelques dates
Les États haoussa
Le Katsina et le Gobir comptent parmi les sept États haoussa historiques (Hausa bakwai). Cités fortifiées, marchés et cours royales structurent un vaste espace d'échanges entre le Sahel et les pays du sud.
Katsina, cité marchande et lettrée
Selon la tradition, le roi Korau, premier souverain musulman de Katsina, fonde la cité fortifiée. Katsina devient l'une des grandes métropoles commerciales et intellectuelles du pays haoussa, reliée par les routes…
L'apogée du Gobir
Depuis sa capitale d'Alkalawa, le Gobir devient l'une des principales puissances militaires du pays haoussa, réputé pour sa cavalerie.
Le jihad d'Ousmane dan Fodio
Le jihad lancé depuis le Gobir renverse les dynasties haoussa. Katsina tombe vers 1806-1807 ; Alkalawa, capitale du Gobir, est prise en 1808.
La fondation de l'État de Maradi
Les Katsinawa restés fidèles à leur dynastie se replient vers le nord et s'établissent dans la vallée du Goulbi, à Maradi. Le nouvel État résiste aux tentatives de reconquête, souvent allié au Gobir.
Tibiri, capitale du Gobir
Sous le règne de Mayaki, les souverains du Gobir font de Tibiri leur nouvelle capitale. La ville demeure aujourd'hui le siège du Sultan du Gobir.
La conquête coloniale
La mission Voulet-Chanoine traverse la région. Quelques années plus tard, Maradi et Tibiri passent sous administration française ; les sultans conservent un rôle coutumier.
Une ville nouvelle
Après les inondations du Goulbi qui frappent l'ancienne ville, une nouvelle Maradi est aménagée sur le plateau, avec ses grandes avenues et ses quartiers organisés.
L'indépendance
Avec l'indépendance du Niger, le 3 août 1960, Maradi devient le chef-lieu d'une des grandes circonscriptions du pays, aujourd'hui région à part entière.
La capitale économique
Commerce avec le Nigeria, agro-industrie, université, marchés parmi les plus actifs du pays : Maradi s'est imposée comme la capitale économique du Niger, tout en restant fidèle à ses traditions haoussa.